Film “InstantT21” de Love Labo

Héritière de l’artiste américaine pluridisciplinaire Rachel Rosenthal, Nathalie Broizat développe un travail qui a pris racine à New York au début des années 50 autour de la philosophie de John Cage. Elle en développe aujourd’hui les enjeux historiques, et les enjeux esthétiques contemporains en France, créant un style hybride et unique de performance. InstantT21, pièce vidéo pour 3 danseurs, est la continuité du projet InstantT2020. Dans InstantT2020, pièce pour 10 danseurs créée en mars 2020 juste avant le confinement en ouverture du festival Danse Dense, Nathalie Broizat se confronte au principe de totalité dans l’œuvre d’art, cherchant à mobiliser l’intensité de l’instant. Le principe de totalité transforme l’instant en une réalité tangible.

InstantT21 est une vidéo-performance expérimentale qui présente une première collaboration entre l’artiste de performance Nathalie Broizat/Love Labo et le cinéaste Jérôme Cassou ainsi que les performers Anna Gaïotti et Gianfranco Poddighe. Ces artistes se sont rassemblés pour improviser sur le thème de la pandémie en mars 2021. Par quoi sont-ils traversés ; quelles sont leurs peurs et leurs espoirs ; comment se retrouvent-ils dans ce contexte ?

Ce projet, initialement proposé par Nathalie Broizat et Love Labo, a fait se rencontrer deux univers artistiques différents : celui de Broizat qui manie l’absurde, l’étrangeté et les assemblages, et celui de Cassou qui travaille avec la narration, le réalisme et le scénario propres à la cinématographie. La création de ce projet a eu lieu en pleine pandémie pendant la fermeture des salles de spectacle et a posé l’enjeu de la présence du public dans le travail de Nathalie Broizat/Love Labo. En effet, pour Broizat le geste performatif se déploie sur la localisation de la pensée affective dans le corps et la mise en espace de cette pensée pour créer un « feeling » partagé entre le performer et le public. Broizat construit ses performances en cherchant à devenir le vecteur physique de l’organisation de l’espace. Pour reprendre les termes de RoseLee Goldberg concernant ce type de performance, le public réagit de manière viscérale avant de pouvoir formuler sa description des associations de sentiments et d’idées qu’il avait vécu visuellement, « quoique la signification réelle d’une performance puisse demeurer à jamais dans les limbes non verbales de la sensation ». Cette magie se produit par l’expérience même du spectacle vivant. Travailler pour l’image, chercher à toucher le public sur un écran en restant fidèle au travail de performance de Love Labo a été l’enjeu de ce travail.

Comme dans tous les travaux de Love Labo, la singularité du regard de chaque spectateur est sollicité. Le spectateur est invité à créer sa propre expérience quel que soit son point de vue. Le travail reste fidèle à la philosophie de Cage et Rosenthal. La vidéo-performance n’est pas isolée face à la vie : où elle serait aboutie, léchée, et polie, donnant l’illusion d’un monde ordonné dans un temps bien défini pour reprendre les termes de Cage. Son aspect brut demeure essentiel à l’œuvre.

Le spectateur est invité à regarder InstantT21 en boucle ou plusieurs fois. Les sensations s’invitent avec l’étrangeté de l’objet.

Dans un tableau vivant en trois dimensions, hors-cadre, la pièce-vidéo traite de la traversée actuelle de la pandémie. Il y a de la peine, du deuil, de la rage, de la peur, de la tristesse et du manque. Le manque de ce que nous créons ensemble quand nous nous rassemblons. Il y a aussi du jeu, de l’amour, de l’espoir, du vivant.

Équipe créative

Nathalie Broizat, chorégraphe et artiste de la performance, a travaillé auprès de Rachel Rosenthal pendant plus de 6 ans à Los Angeles, après avoir été diplômée de l’Institut Laban/Bartenieff de New York où elle a développé ses premiers travaux. En tant qu’interprète, elle travaille actuellement avec Marco Berrettini, Anna Gaïotti, Anne Rebeschini et Caroline Breton. Elle dirige la compagnie Love Labo, compagnie émergente en résidence à la Fondation des Etats-Unis, à la Cité internationale universitaire de Paris. En 2015, Nathalie Broizat a hérité de la méthode DbD (Doing by Doing) de Rachel Rosenthal pour la développer en France dans la création et la pédagogie. La philosophie de John Cage est prédominante dans ce travail. Elle fait apparaître la totalité dans l’oeuvre d’art d’une part, et cherche d’autre part à recréer par l’œuvre l’environnement qui nous entoure pour le rendre visible au public. Une philosophie de la distanciation et de l’ironie est mise en exergue par le postulat suivant : se prendre au sérieux n’est
pas sérieux. Depuis 2015, Nathalie Broizat dirige les DbD Workshops avec des danseurs professionnels à la Fondation des Etats-Unis à Paris ainsi qu’au Centre National de la Danse et génère une synthèse de ce matériau avec sa propre méthodologie de travail basée sur Laban Movement Analysis. Elle s’intéresse à la porosité entre la création et les actions artistiques, et dirige de nombreux ateliers artistiques auprès de public scolaires ainsi que dans le cadre humanitaire. Aujourd’hui, tout en creusant les enjeux historiques de la méthode DbD, elle s’en émancipe pour en développer les enjeux artistiques contemporains. Elle présentera le fruit de ses recherches lors de sa création pour 10 danseurs « InstantT2020 » présentée au Théâtre Municipal Berthelot Jean-Guerrin à Montreuil le 6 mars 2020 dans le cadre du Festival Danse Dense et au Théâtre de Vanves le 21 mars 2020 dans le cadre du Festival Ardanthé 2020 (reportée).

Anna Gaïotti est performeuse chorégraphe et écrivain et dirige la compagnie Lovalot. Elle est diplômée des Beaux-arts de Paris en 2009. Elle intègre ESSAI au CNDC d’Angers/E Huynh en 2011, ; puis le Research cycle de P.A.R.T.S/AT de Keersmaeker en 2018. Elle travaille avec les chorégraphes Mark Tompkins, Phia Ménard, Meg Stuart, la réalisatrice Véronique Aubouy, et elle est associée aux performances et films de Amélie Giacomini Laura Sellies depuis 2014. Elle est membre du groupe Vierge Noir E auprès de Léo Dupleix et Sigolène Valax.

Gianfranco Poddighe est interprète de Raffaella Giordano, puis de Francesca Lattuada pendant huit ans. Il rejoint ensuite les compagnies de Josef Nadj, François Verret et Christophe Haleb. De 1998 à 2008, il collabore et cosigne toutes les pièces de la compagnie *Melk Prod (Marco Berrettini). Il entame une carrière de comédien sous la direction de Jan Lauwers (Needcompany), Simon Abkarian, Lukas Hemleb, François Wastiaux, et Fabrice Gorgerat,  Mathieu Bauer, Gwenaël Morin… Au cinéma, il travaille entres autres avec Claire Denis, Stéphane Giusti, Judith Caen et Alain Nahum. Il travaille actuellement avec Emilie Rousset sur les projets ” Les spécialistes”   et  « Reconstitution ».

Sa longue collaboration avec la chorégraphe allemande Pina Bausch place le cinéaste et directeur artistique Jérôme Cassou parmi les spécialistes du film de danse. On le retrouve à la biennale de Venise avec son premier long métrage UNE JOIE SECRETE, sorti au cinéma en septembre 2019. Il filme le danseur et chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui dans hôtel palace, réalise des captations multi camera de l’espagnol Blanca Li ou l’américain Bill T Jones pour Arte ou France Televisions et met en scène l’image de grands musées ou marques. Ce diplômé en scénographie de l’École nationale supérieure des arts décoratifs de paris est l’actuel chroniqueur cultures de Telematin sur France 2.

Informations pratiques

Présentation du film via Zoom (prévoir 30 mins) sur réservation.
Dates : 31 mars & 1e avril | Horaires : 13h30 & 18h15 | Événement Facebook Mercredi | Jeudi

Mercredi 31 mars à 13h30

Jeudi 1e avril à 18h15

 

 

 

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